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Association pour la Promotion des Enclos paroissiaux de la Vallée de l'Elorn

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Ploudiry

L’ossuaire


Dans les textes, on l’appelle aussi « reliquaire ». On trouve ce bâtiment dans la plupart des enclos. Comme son nom l’indique, on y mettait les ossements ou les reliques des défunts lorsqu’on les transférait de l’église où ils avaient déjà été enterrés, Au XVIIe siècle, le Parlement de Bretagne s’est opposé à la pratique d’inhumer les fidèles décédés dans les églises. Une déclaration royale du 10 mars 1776 l’a interdite.

C’est un bel édifice de plan rectangulaire, classé monument historique dès 1916. On l’appelle aussi chapelle Saint-Joseph parce qu’au moment de sa reconstruction le rituel de transfert des ossements était révolu.
Au premier coup d’œil, il apparaît comme une œuvre composite.



La frise, en haut à gauche, représente divers personnages émergeant en buste.
L’ankou (personnification de la mort) est armé de sa flèche, le laboureur tient une bêche. Et aussi, la noble dame, le juge et le guerrier.
Cette danse macabre fort symbolique nous donne à voir l’égalité de tous devant l’ankou.
On peut souligner la finesse d’exécution de ces sculptures taillées dans le granit jaune de Logonna.

 

 

Au dessous, les cinq baies en plein cintre de la façade séparées par des pilastres gainés et le bénitier en bas à gauche sont en pierre de Kersanton, pierre volcanique extraite de carrières de la rade de Brest.

 

Sur la banderole de l’ange, en bas à gauche, on peut lire :

Bones gente qui par icy passez Priez Dieu les Trépassez 1635

Ces divers éléments sont probablement des réemplois de deux monuments plus anciens, repris dans la construction en 1731, date qui figure à la base du clocheton et sur la porte sud-ouest de cet ossuaire.

 

La porte qui jouxte les ouvertures est cantonnée de colonnes cannelées surmontées de chapiteaux corinthiens et d’un fronton triangulaire. Elle est typique des œuvres de la Renaissance. Ici, elle n’est pas datée.
Sur le fronton, une sculpture : saint Pierre, en buste, comme l’étaient les précédents personnages de la frise, portant la tiare papale et les clefs du paradis. C’est le saint patron du lieu.
« Je te donne les clefs du Royaume des cieux » lit-on dans l’évangile Saint-Mathieu.